
La raffinerie de Collombey était un site industriel majeur du paysage suisse, et plus précisément du Chablais, jusqu’il y a une dizaine d’années. Étroitement liée à la centrale thermique de Chavalon, ce site est en démantèlement depuis 2021. La dernière grosse étape finale surviendra ce jeudi 21 mai 2026, à 14h, avec le dynamitage des cheminées de 100m de haut.
1. Exploration en vidéo de la raffinerie
La raffinerie fait partie de ces lieux industriels qui ont marqué la région du Chablais pendant de nombreuses années. Avec le soutien de Tamoil, j’ai pu profiter en 2020 d’une visite de ce site incroyable et me balader (quasi) à ma guise dans toute la raffinerie pour réaliser une vidéo YouTube! Elle était alors encore entière, les travaux de démantèlement n’avaient pas débuté.
Dans cet article, je te propose de revenir sur ce lieu emblématique du Chalais avec une découverte historique de la raffinerie, puis une impression par écrit de ma visite de 2020! Je terminerais par quelques conseils pour tes propres explorations d’industrie.
Et si les dernières actualités de la raffinerie de Collombey t’intéressent, file directement à la partie 5! C’est du tout frais!
2. L’histoire de la raffinerie 1
La raffinerie de Collombey démarre son activité en 1963, exploitée par une première société. Le site connaît assez vite des bouleversements avec la succession de différents exploitants, mais l’installation se développe pour devenir un site industriel majeur en Suisse romande.
En 1988, une faillite entraîne l’arrêt des installations. Deux ans plus tard, le groupe Tamoil reprend les activités et relance la raffinerie de Collombey. D’importants investissements de modernisation sont réalisés et permettent d’augmenter sa capacité de production.
Le pétrole brut est acheminé depuis Gênes en Italie via un oléoduc d’environ 340 km qui traverse les Alpes, via le Grand-Saint-Bernard. De grands réservoirs à toits flottants permettent le stockage du brut avant son traitement dans les unités.
Le cœur du procédé repose sur la distillation atmosphérique, réalisée dans une colonne appelée “colonne de topping”. Le pétrole y est chauffé à très haute température, permettant de séparer ses différents composants par condensation. Les produits légers comme les gaz et l’essence se retrouvent en partie haute, plus bas le kérosène et le gasoil, et les huiles lourdes sont récupérées tout en bas.

Une unité spéciale, le cracker, a été ajoutée et permet de fragmenter ces hydrocarbures lourds. Ces sous-produits peuvent ainsi être transformés à leur tour en essence, diesel et autres combustibles plus exploitables. D’autres unités spécialisées complèteront le processus industriel de la raffinerie, notamment des unités de désulfuration du diesel qui permettent d’en extraire le soufre avant stockage et distribution.
La raffinerie de Collombey ne se limite pas à cette production seule, il y a toutes les infrastructures nécessaires à son fonctionnement plus large: une caserne d’intervention, des locaux administratifs, un laboratoire d’analyse, des stations de chargement ferroviaires et routières. Une partie de la production en gaz était utilisée dans une centrale électrique interne à la raffinerie, alimentant non seulement l’industrie elle-même mais également la région du Chablais. Tout ce complexe employait plus de 200 personnes au sommet de son activité!
Malheureusement, la production cesse définitivement en 2015, et le site est sécurisé pour sa mise à l’arrêt définitive. Cette étape requiert un nettoyage complet des installations pour éviter la présence de produits dangereux. Son démantèlement est ensuite programmé, et depuis 2021, toutes les structures se sont effacées, à l’exception des deux cheminées qui seront dynamitées ce jeudi 21 mai 2026.
Certains composants ont été rachetés et expédiés vers d’autres industries, à l’étranger, mais pour Collombey, c’est définitivement la fin d’une époque et d’un paysage – qui plaît ou déplaît – présent depuis plus de 50 ans.
3. Perdu dans une immensité
Découvre ici le récit de mon explo, en format texte! Ce n’est pas une transcription de la vidéo. J’ai essayé de me replonger 5 ans en arrière pour te partager quelques unes de mes impressions. Pour une meilleure immersion, le récit est rédigé au présent.
La première chose que je dois dire, c’est que je suis déjà un peu familier avec le site. Dans le cadre de mes démarches auprès de Tamoil, j’ai eu un rendez-vous avec le directeur de la raffinerie pour une présentation du projet. Mais aujourd’hui, c’est différent. Aujourd’hui, je suis là pour produire. Et pour explorer! Quelle excitation de pouvoir me trouver ici, devant ces structures si fantastiques et si verticales! 😁 Il fait un froid de canard, il a neigé très bas la nuit passée et tout le ciel est couvert d’une sorte de stratus. Ça en rend le lieu d’autant plus fascinant!
On m’ouvre le portail, quelques directives de sécurité, et c’est parti! Une fois le casque Tamoil sur mon crâne, je peux disposer de toute la raffinerie pour ma vidéo. Enfin, presque toute… Hors de question de me laisser monter sur les structures, les échelles… et les cheminées 😥

Peu importe, il y a déjà de quoi faire, et j’attaque ma visite par une ascension du cracker, ce fameux dispositif de traitement des hydrocarbures lourds. C’est une des structures les plus récentes de la raffinerie! Je grimpe les marches des escaliers, m’enfonçant entre des tuyaux, des câblages et toutes sortes de choses dont j’ignore la fonction exacte. C’est incroyable. À mesure que je monte, l’ampleur du site se dessine sous mes yeux: les immenses citernes, les cheminées, ces kilomètres de conduits qui dressent des lignes de perspective. Il n’y a pas de mot pour décrire cette vision, c’est la première fois que j’expérimente la visite d’une telle industrie. Au sommet, la vue est imprenable
Poursuivant mon exploration à terre, je me faufile entre des mécanismes de pompes et de manivelles. Tout ici témoigne de la complexité du processus de raffinage. Je me sens tellement petit au milieu de tous ces éléments! La vieille salle des machines des premiers âges de la raffinerie de Collombey est toujours là, mais les opérations ne se commandent plus depuis ici. En revanche, le cœur de l’usine est toujours là: l’unité de topping. À sa base se trouvent d’immenses fours dont j’ignore la taille. Tout ce que je peux dire c’est que c’est vraiment gigantesque! J’ai de la peine à me rendre compte de ce que je vis en ce moment…


D’ailleurs, ce n’est pas facile de faire des photos dans ce site. Les dimensions des structures sont compliquées à mettre en valeur sans déformation, mais mieux vaut ça que rien. En fait, une des choses qui me pénalise le plus durant ma visite, c’est mon ignorance à propos des fonctions de chaque système. J’ai reçu quelques explications à mon arrivée, et le plan que j’ai pu dresser m’a bien aidé aussi, mais le raffinage du pétrole est vraiment fait de plein d’étapes. Quand tu te retrouves au milieu de tous ces tuyaux, à passer entre des éléments et à essayer de comprendre, ce n’est vraiment pas évident!
Mon rêve aurait été de pouvoir monter sur la torche, cette haute structure qui avait un rôle de sécurité dans la raffinerie. C’est évidemment impossible, et je me contente d’admirer sa silhouette depuis le sol, à bonne distance.

il fait vraiment super froid. Pendant que j’explore ou que je filme, je ne m’en rends pas compte, mais dès que je m’arrête un peu pour prendre plus de temps, mes doigts se figent et c’est la galère! Un peu plus et il y avait de la neige au sommet des cheminées!
À mesure que j’évolue dans le site, je ne peux m’empêcher de ressentir une réelle fascination. Cette ambiance complètement humide, ces chemins de conduites et toutes ces structures qui courent en haut, en bas, à droite, à gauche, devant, derrière… Dire qu’il y a des personnes qui savent exactement la fonction de chaque élément. C’est hallucinant!

Ces personnes, je me demande bien ce qu’elles sont devenues aujourd’hui 🤔 Tamoil a conservé des activités en Suisse, mais pas dans le raffinage. Le démantèlement du site a occupé de nombreux autres corps de métiers, et il en sera de même à l’avenir, lorsque toute la zone sera devenue un nouveau quartier d’activités. Mais d’ici là, il y a encore pas mal à faire!
4. Pour tes explos
Il n’est jamais anodin de découvrir un site industriel, ce ne sont pas des lieux où le commun des gens se rend au quotidien. Cela en fait un type de lieux particulièrement intéressant, mais aussi sensible.

Le dernier article de mon blog date de près de deux ans. Entretemps, j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs industries abandonnées. À chaque fois, j’ai été fasciné par tout ce que j’ai pu y découvrir. Même sans comprendre les installations, tu ne pourras qu’apprécier les ambiances de ces endroits.
Dans le cas de la raffinerie de Collombey, ce n’était pas un site à l’abandon. L’industrie était désaffectée, mais pas abandonnée puisque tout le chantier s’est déroulé en continu depuis l’arrêt de la production en 2015. Si tu veux visiter toi-même des industries (abandonnée ou pas), je souhaite attirer ton attention sur quelques points de vigilance.



Dangers structurels
Les industries sont des constructions aux dimensions particulièrement impressionnantes. On peut vite prendre de la hauteur, et surtout, sortir des zones réellement sécurisées. Cela augmente considérablement le risque de blessure ou de chutes. Agis toujours avec la plus grande prudence et reste concentré sur tes mouvements.
Sécurité
Une industrie comporte souvent beaucoup de pièces en métal. Avec le temps, celui-ci s’abîme et peut se fragiliser. Vérifie bien les éléments sur lesquels tu t’avances, évalue leur solidité avant d’y mettre tout ton poids et ne tente pas des dingueries. Le pied sur le mauvais élément, et c’est peut-être ta vie que tu peux perdre.
Orientation
Les sites industriels peuvent être très grands! Si tu n’as pas un bon sens de l’orientation, cela peut être angoissant, voire contraignant. Imagine que tu sois perdu au milieu d’une usine et que tu ne saches plus par où en sortir… Essaie toujours d’avoir un ou deux repères visuels qui t’aideront à t’orienter en cas de besoin.
5. La raffinerie aujourd’hui
La raffinerie n’est déjà plus qu’un souvenir. De sa complexe structure, il ne reste plus que le bâtiment administratif, la caserne et les deux cheminées de béton!
Je suis passé en périphérie du site pour observer ces restes, c’est vraiment très impressionnant de constater à quel point tout a changé… Ce jeudi 21 mai, les deux cheminées tomberont par dynamitage, à 14h. Les lits de gravats pour amortir leur chute sont déjà prêts. C’est magnifique, on pense à leur confort même au moment de leur mort 😊

J’espère pouvoir assister à ce spectacle et t’amener quelques images. Cela ne va pas être simple, le périmètre sera bouclé, et il y a beaucoup d’arbres aux environs. Quoiqu’il en soit, je ferais ce que je peux pour te présenter des images de leur chute!
- Cette partie est rédigée en partie par l’IA, selon la transcription de ma vidéo YouTube ↩︎

